"Un rêve éveillé" par Raphaël Zacharie de Izarra (texte en ligne)
Les autres textes en ligne | Publiez vos textes ?.
Lors d'une promenade nocturne à cheval, une bien étrange aventure m'est arrivée.
Je filais à molle allure sous la lune, bercé par le son monotone et doux des sabots de ma monture dont l'écho résonnait avec poésie dans la campagne.
Mélancolique, je me mis à songer à l'improbable aimée qui tardait à venir. Mais bientôt assoupi par le pas alangui de l'animal, je posai la tête contre sa nuque. Le doux Morphée m'emporta bien vite, tandis que je demeurai à demi couché sur le cheval qui cheminait toujours. Et le songe prit le relais de la rêverie amoureuse... Mais la vision onirique prit corps, tournant à la féerie, et je crus voir ma belle pour de bon :
Elle marchait à mes côtés, se métamorphosant imperceptiblement en une jument superbe : ses cheveux d'or se changèrent en crinière et sa robe claire épousa ses chairs. Je la montai, aussi fier qu'ému. Aussitôt elle m'emporta dans une chevauchée impétueuse pour prendre son envol vers l'astre de nuit.
Crinière au vent et bouche écumante, elle se lança dans les airs, frénétique. Mes éperons étincelaient au clair de lune, son crin ondulait fièrement, le vent frais giflait ma face échevelée. Une joie inédite m'inonda.
Je m'étourdissais dans ce saut vertigineux, les doigts agrippés à sa crinière en bataille. Le zénith atteint, dans un long hennissement qui la fit se cabrer avec grâce sur le fond des étoiles, elle communiqua à la lune son bonheur de sillonner le firmament à mon côté, elle cavale ailée, moi baladin sidéral.
Enfin, dans un tourbillon furtif nous disparaissions vers les étoiles.
Reprenant bientôt mes esprits, je m'aperçus que je m'étais égaré durant mon bref sommeil sur le dos du cheval qui, impassible, avait continué sa marche. Et, retournant sur mes pas, je fixais la lune qui éclairait mon chemin, songeur, l'air dubitatif...
Emu.
Raphaël Zacharie de Izarra | Laissez un commentaire.
- Le Cimetière de l'Ouest
- Misanthrope
- Vive le piratage des oeuvres !
- La plume d'un paon.
- La beauté d'une affligée
- Un beau spécimen
- Le vice masqué
- Une idylle
- Deux amoureux
- Berthe a manqué sa chance
- Rose-Alberte et ses lapins
- L'oeuvre du temps
- L'amant des laides
- L'ange des laides
- Éloge et défense de la laideur
- Lettre d'amour pour une femme laide
- Hommage à la laideur
- Procès de la laideur
- Les misères de la laideur
- Lettre d'amour à une jeune et laide bigote
- Le laideron et le gant blanc.
- La défaite de la laideur
- Laide et méchante
- Laide et appréciée
- Laide et luxurieuse
- Belle et macabre crucifiée
- Le vice et la laideur
- Lyre des mots
- Quand le chardon se fane
- La beauté déchue
- Laide et débauchée
- Le sort et la fortune
- La belle ambiguë.
- La plume et le laideron
- Le plaisir des bigotes
- L'infortune de la laideur...
- La morale amoureuse.
- Le vice mal vêtu
- La beauté d'une gargouille
- Une froide beauté
- La ronce et la plume
- Abstinences et châtiments
- Leçon de choses
- Les vieilles filles
- Mon épitaphe
- Au cimetière.
- Au Père Lachaise
- Têtes d'enterrement.
- Un songe déroutant
- Un couple sans histoire.
- Un froid mortel.
- Je suis mort
- Un cadeau pour la Camarde
- Au jour glorieux de mes funérailles
- Deuil
- Torpeur cadavérique
- Une farce cadavérique
- Le testament d'un amant moribond.
- Un verre
- Une dépouille ambiguë
- Lettre à un défunt
- Une visiteuse
- Le fossoyeur et l'éplorée
- Une visite à la morgue
- Le convoi
- La grande Crâneuse
- Macabre baiser
- Celui qui est en moi
- Une vision des choses.
- Rencontre au sommet.
- La Lune
- Entre Terre et Lune.
- Au clair de l'une, à l'ombre de l'autre.
- La face cachée de la Lune
- La pleine lune.
- Le statut d'auteur.
- La réalité est plus riche que votre imaginaire.
- La hauteur de ma tête
- Trésor d'avare.
- Un adorable tueur.
- Eloge de l'esprit petit-bourgeois.
- Eloge du vice.
