"Stances à la nuit (extrait) « …nonchalante tueuse… »" par Mizan (texte en ligne)
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Quand l’eau de l’infini d’une main effleurée
fait rides sur cette onde et trouble ta beauté,
quand d’orages sans fin qui te voient écoeurée
viennent cruellement quelques larmes t’ôter,
quand ta traîne d’aurore, erre majestueuse
sur les dalles du monde où nos corps sont tes pas,
te souvient-il encor nonchalante tueuse,
qu’avant ton apogée nos vies n’en étaient pas?
Revois-tu ces soleils, rois dont tu fus la reine
et que tu dans ta noce éternelle étranglas?
Dans l’écrin du passé les retiens tu, sereine,
ces rouges cent minuits ou l’on sonnait le glas.
Que perdure ton oeuvre à travers trêves vaines!
Belle aux ongles noirs sang, c’est au jour de venir
où ta langue ascerée fouillant tes propres veines
dira d’éclaboussée « Qu’il est doux d’en finir ».
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