"Mon Gévaudan." par Satine (texte en ligne)
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A Melena, princesse immortelle faite femme en quittant son amant pour goûter au monde des mortels :
Elle rêvait d’un endroit a elle loin des problèmes, sans personne pour lui dicter sa loi. Un endroit sombre aux lumières tamisées, feutré, tapissé de satin et de velours pourpre où des murmures surnaturels viendraient se mêler avec délice aux soupirs que l’on pousse en sentant son corps possédé par le plaisir violent d’une étreinte et retiré au cœur de cet écrin.
Oui, des bougies un peu partout et la décadence. Il n’y aurait plus de règles, plus de lois, juste elle, la damnée faite reine… elle et Lestat son ange noir immortel . Un vampire, un amant passionnel, assoiffé tout comme elle. Un décor sombre dans leur demeure grégorienne de lourdes pierres brutes, gigantesque manoir où chaque couloir sent la mélancolie, pue la tristesse et la solitude, et débouche sur une surprise de taille : des pièces par dizaine au détour des statues grimaçantes dont les yeux roulent dans leur orbite et rendent fous les passants.
Elle se colle et se glisse contre ses murs qui suintent de son essence, de son existence, l’obscurité l’engloutit à mesure que ses baisers la consument dans un feu ardent.
Cette fois elle lui appartient, cette maison est a elle, elle respire comme elle et ses poutres craquent en ressentant sa colère, les miroirs reflètent les âmes des hommes mortels qui subiront ses peurs et ses plus profondes angoisses. Ces amants mortels paieront pour tout ce qu’ils lui feront, courant dans son manoir comme dans leur propre prison tels des rats déjà morts… Ils pourriront contre la porte de sa chambre à force de la supplier et elle en reprendra un autre chaque fois plus beau, chaque fois plus fort que le précédent pour qu’elle puisse jouer plus longtemps, le torturer en faisant fondre ses chairs. Et dans chacun de ses soupirs, sa prison dorée crachera une âme après avoir consommé leur carcasse décharnée...
Voilà mon Gévaudan.
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