"Les larmes du violon (nouvelle)" par Djahrian (texte en ligne)

Les autres textes en ligne | Publiez vos textes ?.

L’un de mes amis très chers, aujourd’hui disparu, possédait un violon dont on pouvait dire, a priori, qu’il était on ne peut plus ordinaire. L’étaient moins en revanche les sons surprenants qu’il parvenait à en extraire. Je pouvais l’écouter jouer pendant des heures ; lui ne se lassait jamais.
Il s’appelait Julien et n’avait jamais appris une seule notion de solfège. Son excellence naissait d’une parfaite harmonie entre une oreille unique, une sensibilité profonde et ce que l’on pourrait nommer le sens inné du jeu. Ses danses à la mode des tziganes faisaient vibrer l’archer si vite qu’il en devenait flou ; et lui, Julien, était fou, il se mettait à danser en même temps que son archet, sa tête dodelinait, droite, gauche, il frappait du pied ; un orchestre à lui tout seul. Son violon suffisait à entraîner cinquante personnes sur une piste de danse, même si elles n’en avaient pas vraiment envie : envoûtées, ensorcelées, comme les balais de l’apprenti sorcier, elles se voyaient condamnées par les vibrations venimeuses de l’instrument. S’il lui prenait l’envie d’une longue mélopée bien mélancolique, il fallait sortir les mouchoirs ; les premières notes vous tiraient des pleurs gros comme des grêlons. Une seule phrase déchirait le cœur, le plongeait tout entier dans des affres inconnus, avec une émotion profonde, jouissive, mais inconcevable. Les cris de son violon semblaient ceux des grandes divas que l’on va applaudir à l’Opéra, qui semblent rentrer dans les gorges et faire trembler les entrailles au rythme des histoires qu’elles chantent. J’ose à peine imaginer ce dont aurait été capable mon ami avec un stradivarius ; mais déjà, par la vertu de ses doigts, son crincrin devenait stradivarius, s’enflait d’une âme et respirait comme un être vivant. Je ne trouvais donc pas surprenant qu’il le fasse pleurer ou rire, selon l’humeur du moment. A vrai dire, il me semble qu’ils pleuraient et riaient ensemble, comme deux vieux amis, ou des jumeaux dont un seul possèderait un corps de chair ; d’ailleurs, ils dormaient ensemble, l’étui de bois posé sur un oreiller tandis que la tête de Julien occupait le deuxième.

Un semblable talent ne pouvait rester inconnu longtemps. Julien commença par fréquenter des bars spectacles, où on lui donnait sa chance chaque soir. Ainsi les habitués comme les clients de passage pouvaient voir, en attaquant leur dessert, un petit jeune homme timide marcher droit vers le centre de la petite scène de bois, et saluer d’un geste sec, avec raideur ; puis sans cérémonie placer son violon – il avait en général effectué les réglages en coulisses- et se lancer dans une gigue, ou une vieille ballade irlandaise. Les clients portaient la cuillère à leurs lèvres ; mais aux premières notes, stupéfaite, celle-ci demeurait suspendue à mi-chemin entre l’assiette et le visage, figée par cette beauté de nulle part. Et les yeux des clients roulaient dans leurs orbites, ils relevaient la tête pour dévisager avec stupéfaction le jeune homme timide, si discret –si insignifiant ?- qu’ils n’avaient pas remarqué sa venue sur scène malgré l’annonce du patron, mais qui engendrait des sons si merveilleux...
Un beau jour, ou plutôt un soir, parmi les consommateurs de digestifs se trouvait un homme inhabituel ; il ne collait pas au cadre. Et pour cause, son agenda à lui ressemblait au bottin mondain. Son monde recelait plus de soirées pailletées que de cafés interlopes. Sa présence ici : un accident. Cet homme est venu, je m’en souviens, alors que j’essuyais une rupture difficile. Pour me consoler, me sachant dans l’assistance, Julien s’est lancé dans un étrange morceau. Ça commençait comme une doux vent du désert ; puis les dunes se sont animées, muées peu à peu en sirocco puissant. Ce n’était plus un violon mais dix qui valsaient dans la tempête ! Je me rappelle avoir vu cet inconnu, au comptoir, reposer lentement sa tasse et lever le nez, doucement, de peur peut-être de briser l’instant. Il s’est mis à examiner le violoniste qui provoquait le phénomène, pas avec cette stupéfaction imbécile qu’arboraient invariablement les auditeurs ordinaires, mais avec un œil – et une oreille- de professionnel. Il l’a regardé et écouté, de bout en bout, sans ciller ; et quand le morceau s’est achevé, il n’a pas applaudi ; il a chuchoté deux mots au barman. Puis il s’est levé et dirigé tout droit vers les coulisses.

Ainsi, par l’entremise de ce découvreur de talents providentiel, Julien a élargi son public. Il est passé dans des théâtres, des cabarets, des salles de concerts ; on l’a entendu à la radio, et pas que sur Radio Classique, ce qui est fort rare pour un violoniste… Lui, il ne semblait pas s’étonner de son succès grandissant ; toujours discret, sans prétention, il a dû s’acheter au plus deux ou trois costumes –uniquement parce-qu’il y était obligé, pour faire bonne figure dans les salles prestigieuses qui l’accueillaient, où le public, très distingué, s’attendait à ce qu’il le soit au moins autant que lui. Les journalistes se l’arrachaient : « Monsieur xxx, que pensez-vous de votre soudaine notoriété ? Comment se fait-il que vous n’ayez jamais appris une note et que vous sachiez jouer de cette manière ? » Toujours les mêmes questions. Ah, ça, les « vrais » musiciens, les professionnels reconnus qui tous sortaient de prestigieux conservatoires, quelle tête ils faisaient ! Et mon ami, qui dans la vie n’avait d’autre famille, d’autre maison que son violon, vivait dans son hangar ouaté, où il avait dressé un lit de camp. Je l’ai aidé à installer là une cuisinière et un lave-linge qui l’empêchait de dormir lorsqu’il le mettait en marche. Mais l’espace était surtout pris par des enceintes, de nombreux fils et mille éléments technologiques dont je ne connais toujours pas le nom. Des consoles, un ordinateur furent installés. Et une nuit, à trois heures du matin, voilà qu’il m’appelle. Je me souviens : sa voix vibrait comme son violon, il était tout excité. « Viens vite, me dit-il ; il faut que tu écoutes ça ! » Et je suis venu. Je l’ai trouvé portant une espèce de cape, pour se donner du style. Partout, des tas de ces « choses » technologiques étaient connectées ; et il m’a dit : « écoute ; écoute, le sirocco… »
Il s’est mis à jouer une basse obstinée : un thème, en fait quelques notes égrenées, et ça se répétait, se répétait… Il avait trafiqué un bouton juste avant. Quand il s’est arrêté, les notes continuaient de s’égrener ! M’approchant, je compris : un appareil avait enregistré la basse qui servirait de support à toute la mélodie, et la faisait tourner en boucle. Là-dessus, il s’est mis à jouer une première mélodie, sorte de sifflement vibrant, le vol des grains de sables dans l’air surchauffé. Enregistré ; superposé. Après cela, ce fut l’air proprement dit, une chanson en longues arabesques de notes, un air oriental. J’étais médusé. Il avait trouvé le moyen de jouer avec lui-même : le même violon à tous les postes, et c’est une véritable symphonie qu’il montait au fur et à mesure ! A la fin, le « Chant des djinns » tonnait en notes triomphantes, accompagné d’un chœur arabisant. Ce concept fut aussitôt exploité. Il était unique. Il était le meilleur.

Et bien entendu, comme dit le proverbe, ce sont les meilleurs qui partent les premiers. Comme ça, sans crier gare, lui, si étourdi et rêveur, s’était laissé renverser par une voiture dans la rue. On décréta un deuil national, et une médaille des arts lui fut décernée à titre posthume. Comme il n’avait pas de famille, il m’avait désigné comme héritier. Je fus d’ailleurs stupéfait qu’un esprit supérieur si contemplatif ait pu songer à prendre des précautions aussi terre à terre. On me remit donc les clefs du hangar, et je restais une nuit entière en compagnie des machines dont je devais faire don quelques jours après à une obscure association musicale plus ou moins caritative. J’essayais de discerner les notes réjouies du violon, le fantôme d’une mélodie ; mais je n’entendais que les grommellements du lave-linge à qui j’avais confié les costumes de Julien, avant de les donner ou les vendre. Mon désert était parti en fumée. Il avait souhaité qu’on l’enterre avec son violon ; mais cet aspect du testament avait soulevé un tel tollé que je doutais de le voir réalisé ; des « gens bien » poussèrent les hauts cris ; finalement, on porta le cercueil en terre avec un violon ; mais je doute que ce fut son vieux crincrin. D’ailleurs, une rumeur disait que l’instrument avait disparu de manière inexplicable, sûrement dérobé par quelque groupie.

J’avais perdu à la fois un rêve et un ami ; mais pour servir sa mémoire, je continuais de fréquenter les bars spectacle où il avait fait ses débuts. Un nouveau jeune prodige apparut : un pianiste, dont les doigts devaient bien être douze pour pouvoir jouer de tels airs. Malgré moi, qui me rebellait contre tous les nouveaux talents, certain que jamais Julien ne saurait être remplacé, je ne pus m’empêcher de l’admirer.
Je n’étais pas le seul. Le jeune pianiste avait quelques admirateurs réguliers qui venaient parfois dîner là rien que pour lui. L’un d’eux attirait tout particulièrement mon attention. Ponctuel, il venait toujours à la même heure, à la même table, prendre le même repas. C’était, au visuel, un grand homme maigre, toujours couvert de la tête aux pieds même par forte chaleur – ce qui ne laisse pas de susciter quelques soupçons. Il enfonçait son feutre gris sur sa tête penchée et acquiesçait tout au long des performances, comme s’il écoutait un discours politique inspiré. Dès que le pianiste se retirait, il payait et disparaissait, sans plus exprimer son contentement.
Puis un soir, oh ! Stupeur, le jeune pianiste fut accompagné par un violoniste ; un violoniste de talent qui par hasard s’appelait Julien ; de son archet magique, de son violon enchanteur, il tirait des sons à tirer des pleurs gros comme des grêlons. A eux deux, ils auraient pu fendre un diamant de kimberley. Alors, j’ai vu le mystérieux consommateur se dresser brusquement. Il était debout. Il n’a pas applaudi, mais s’est levé pour saluer la performance, et ce fait inédit n’a échappé à personne, surtout pas aux deux musiciens.
Je suis resté bien tard ce soir là, jusqu’à une heure où demeuraient seuls le patron et un dernier saoulard trop plein pour comprendre la moindre parole humaine. Chose incroyable, le mystérieux admirateur n’avait pas non plus quitté l’établissement. Il se tenait dans son coin sombre, à moitié caché par un ficus verdoyant, et avalait whisky sur whisky. Je l’observais avec curiosité. Il s’en rendit compte et se leva. Je crus qu’il allait partir. Au lieu de cela, il se dirigea droit vers la scène, avec son long, long manteau qui flottait derrière lui. Il est monté sur l’estrade, en gardant son chapeau, et a tiré un violon des tréfonds du manteau. Mon cœur s’est mis à danser la cucaracha. Le patron a jeté un œil, puis s’est occupé à nouveau de ses verres sales tandis que l’ivrogne plongeait dans une profonde rêverie d’ivrogne, pleine de bouteilles qui flottent sur des nuages roses.
Alors l’homme mystérieux a joué. Et joué. C’était comme un vent venu du désert, dix violons tous ensemble ; comme une Iseut berbère chantant son amour pour un Tristan basané. Puis, son œuvre achevée, il est descendu de scène avec le plus grand naturel et a quitté le bar.
Le premier choc passé, je me précipitais derrière lui, laissant sur le comptoir le prix de ma consommation. Là-bas, derrière ces poubelles renversées… En direction des docks… Et là, sur la jetée, c’était bien sa longue silhouette décharnée…
J’arrivais essoufflé. Il était assis les pieds dans l’eau, son violon posé gentiment sur le bois à ses côtés, tel un frère ou un ami installé près de lui pour partager sa peine. Il avait ôté son chapeau. Sans chercher à le surprendre, je me plaçais à sa droite et attendais en silence. De là où je me trouvais, je devinais les grosses gouttes salées qui coulaient le long de ses joues et filaient se dissoudre dans l’eau de mer.
Enfin, il me parla.

- Je ne sais plus jouer, me dit-il.
- Ce n’est pas l’impression que j’ai eue.

Il renifla et essuya le bout de son nez avec la longue manche du manteau. Il me regarda. C’était bien les iris familiers, le visage maigrichon et triangulaire que j’avais côtoyé tant d’années durant.

- Je te croyais mort, articulai-je.
- Je le suis !
- Il va falloir que tu m’expliques.

Il poussa un long soupir.

- C’est un secret, d’accord ?
- J’ai toujours été une tombe ; tu le sais !

Il me sourit à travers ses larmes.

- J’ai été contacté par un groupuscule mystique dont je tairai le nom. Ils prétendent que ce monde en pleine déliquescence cessera un beau jour de générer des gens de bien ; des êtres beaux, ou talentueux, ou mille autres choses encore – parfois tout à la fois. Pour prévenir cette déchéance, ils ont mis au point le Sérum. C’est une substance surprenante. Le Sérum préserve les cellules du buveur indéfiniment, tant que dure la consommation.
- Mais alors, c’est le Philtre de longue vie ! La Pierre Philosophale !
- Peu m’importe, tu sais…

Il haussa les épaules.

- Ils m’ont inscrit sur leurs listes d’immortels. Afin de préparer le monde de demain, je devais boire le breuvage et mettre en scène ma propre mort, avant de disparaître. Je vis désormais dans leurs locaux, mais ils me laissent un semblant de liberté la nuit, sous certaines conditions.
- Je vois.
- Non, non, tu ne vois pas… C’est un cauchemar ! Je deviens fou. J’ai caché mon violon, rédigé mon testament ; et maintenant je survis dans une prison dorée.
- Mais puisque tu as ton violon…
- Je ne savais plus en jouer au début.

Je restai abasourdi.

- Comment ? Pourquoi ?
- Je suis mort ! Ce n’était pas qu’une mise en scène. Il faut mourir vraiment pour que le Sérum agisse dans le sens de l’immortalité. Eh ! Bien, dès le moment où, immortel, j’ai retouché à mon violon, j’ai été incapable d’en tirer une note correcte.
- C’est impossible, voyons ! Tu es un virtuose !
- J’étais un virtuose.
- Tu peux le redevenir !
- Paraît-il.
- ?
- Je travaille toute la journée. J’ai pu récupérer un peu de ma dextérité d’avant. De grands interprètes me donnent des cours de solfège, et ma technique est désormais irréprochable. Mais l’âme, l’âme, mon ami… Elle a semblé s’être envolée. J’ai pensé que c’était le fait d’avoir étudié la musique qui provoquait le phénomène, que ça avait tué mon intuition, ma sensibilité. C’est alors que Liszt m’a dit quelque chose d’important.
- Liszt ?
- Oui, un compositeur, mais lui est plutôt dans le piano, vois-tu… Bref, il m’a dit : « toute la technique du monde n’égale pas le fil invisible qui lie le musicien et l’instrument. C’est en dansant sur ce fil qu’on peut créer l’émotion. »
- Je n’y comprends goutte.
- Moi non plus, tout d’abord. Alors il a obtenu du Triumvirat qu’ils me laissent un peu plus de liberté – pour que j’aille écouter les artistes mortels. Je n’ai compris que ce soir.
- Qu’as-tu compris ?
- La vie, mon cher. Aujourd’hui, je suis immortel. Peu m’importe les peurs humaines, puisque rien ne peux plus m’arriver. Alors impossible de transmettre la moindre émotion au crin, car ne plus avoir peur c’est perdre un peu son âme. Or ce qui permet au violoniste de vibrer en même temps que son violon, c’est ça ! Ce sentiment angoissé de la mort, impalpable, mais présent à chaque respiration, infiltrant chaque fibre de l’homme. Je n’en avais pas conscience quand j’étais mortel. C’est uniquement lorsque je pense que je peux mourir que j’arrive à tirer de mon instrument le meilleur. Peut-être que d’autres artistes fonctionnent différemment ; mais moi, voilà mon système, et ce qui me manquait ; ce qui manquait aussi à « feu » Liszt et qu’il a finalement retrouvé en écoutant jouer des virtuoses mortels. Dans mon cas, seule la conscience de la mort peut donner de la vie à l’art. Comme tu as pu t’en rendre compte ce soir.

Sur ces mots, il se leva et ramassa son violon, avec délicatesse, presque amoureusement. Je bondis sur mes pieds.

- Tu vas t’en aller ?
- Il le faut bien… Occupe-toi bien de Câline !

Câline, son lapin nain qui s’amusait à ronger tous mes dossiers…

- D’accord, soupirai-je. Mais promets-moi de m’envoyer des nouvelles de temps en temps. Même si tu es « mort ».
- Je ferai mieux que ça. Tu verras. En attendant, porte-toi bien. Je dois rentrer à présent, sinon ils viendront me chercher, quelle humiliation… Crois-moi, si un jour tu développes un talent avec génie, songe à te suicider rapidement…
- Hum… Pas de danger que ça m’arrive, je suis on ne peut plus médiocre. Mais on ne sait jamais… Je dirai bonjour à Câline pour toi !

Il hocha la tête en guise d’assentiment, et brandit son violon suivant un angle bizarre, avant de le faire disparaître dans un replis mystérieux de son manteau. Puis il partit d’un pas régulier, léger, qui frappait le bois des quais suivant une douce cadence – il aimait tant la musique, je crois, qu’il restait musicien jusque dans les plus bénignes actions du quotidien : la marche, par exemple.

Depuis ce fameux soir, je ne l’ai plus revu. Pas une petite lettre codée pour me dire qu’il allait bien – quoique, le sachant désormais immortel, je ne pouvais guère en douter. Pas même un signe…jusqu’à ce soir, d’où le besoin pour moi d’exprimer sur papier toute cette histoire. Car j’ai reçu, à ma grande surprise, une épaisse enveloppe marron. Elle ne comportait ni adresse, ni timbre, ni tampon, ce qui me fait penser qu’on l’a glissée dans ma boîte aux lettres sans passer par un service aussi trivial que la poste. Ou plutôt, c’est dans la boîte aux lettres du hangar qu’on la glissée, et peu de gens savent que j’y vis désormais plus souvent que dans mon propre appartement, parmi les vieux fantômes de vieilles mélodies.
Dans l’enveloppe, un disque compact sans inscription. Je l’ai tourné, retourné, j’ai bien fouillé le fond de son contenant : pas un mot, rien. Alors j’ai glissé le CD dans mon lecteur, le casque sur les oreilles, et j’ai mis le volume à fond.
Savez-vous ce que j’ai entendu ? Nul mortel n’a pu créer une telle musique. Ce chant racontait l’éternité, le temps long de la vie. Il découvrait les affres de nouvelles angoisses, inconnues des simples hommes : des peurs qui faisaient renaître au creux de ceux qui l’avaient oublié le sentiment infus de la mort.
C’était comme une cascade de vibrations étranges, surgies d’outre monde. Et, curieusement, ces vibrations ressemblaient à un ardent sirocco, tantôt languissant, tantôt tempétueux, qui roulait ses grains de silice en forme de longs sanglots satinés…

© Djahrian | Laissez un commentaire.

Liens partenaires & sponsors : Littérature érotique | Accrobranche | BD érotique | Tatouages & Bijoux | Littérature