"le silence des limbes" par mifune (texte en ligne)
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Les paroles de saphir au loin roulent sur des horizons fuyants
Il est encore tant que l’agonie se termine
Pour entendre enfin la voie
Je perce la croûte, ignoble carapace,
Qui forme ton aura,
Magnifique,
Et balaye ton spectre miroitant dans l’ombre et au-delà
Qu’avons-nous tous ?
Et toi qu’à tu donc ?
Ôte ta vie des chemins de traverse
Prends la diagonale pendante sous la lune rousse
Demain il fera jour, sois en sûr
Et plus jamais tu ne verras demain.
Il se peut que la pluie nous rattrape
La chaleur nous talonne déjà
Et au plus loin des ténèbres tu t’enfonces
Pour hurler à la vie
Le chant nocturne DES ÂMES SEULES
Et QUE les plis de âmes se dénouent
Libérant nos rêves de leur prison de chair
Je n’ai rien voulu
Je n’ai rien pu
Et toi, qu’as-tu donc ?
A peine des peut-être susurrés
Des remords asséchés
Des tant pis prescris
Bienvenue au village des veuves orphelines
Myriades d’étoiles à jamais échouées
Sur le sable
Mouvant de nos désirs éméchés
Dans la plénitude souveraine de nos croyances frelatées
Ca sent si bon ce soir !
Et toi ? Le sens-tu ?
Le sens-tu cet air qui souffle des orgues de la terre
Rien que pour toi ? Rien que pour moi ?
Les anges ont lavés leurs péchés
À la fontaine enfouie
Les larmes ont séchées
Leur souffle s’est tari
Et toi qui est-tu ?
Mirage,reflet,postiche,potache,onde évanescente, naissante, cuisante, ombre, ocre limpide, ogre putride, apparition translucide, chimère, fragment de rêve, fantôme huileux, hologramme flottant dans l’éther vaporeux d’un sombre laboratoire, miracle, vérité ou mensonge, sphinx, phoenix hypocondriaque, virus latent, comète, trou noir, ABÎME, sommet, agrégat de quarks charmés et étranges,
ASSEMBLAGE DE VIDE
Tu n’es rien
Tu n’es vraiment rien
Et je suis fait comme toi, mon siamois
Et je te hais
Et je t’aime
Et tourne l’onde, tourne et nous emporte
Confusément
Au rythme indéfinissable des marées lunaires
Et je t’emporte là où vivent les songes lumineux
Et je t’emporte
Là où vit le jour, où dort la nuit
Et je t’emmène au pays des Dieux morts
Là où le temps, ce faux frère
Impatient, nous attend
Regarde là-bas
Au loin se lève l’immonde rumeur
La Terre frissonne déjà et
Tu sens le souffle renaissant
Des cohortes hurlantes
Venant chercher l’ultime combat
Tu te penches et lèche la Terre
Tu es prêt maintenant
Ton cimetière est a dessus de toi
Ta place devant
Toujours devant
Et tu y vas à reculons
Tu veux brusquer la ville endormie
Mais toi ? Qui es-tu ?
Que cherches-tu à prouver à mes yeux malades de voir ?
Tu brûles maintenant et te sublimes
En vapeur éthérée qui tournoie autour
DES ATTRACTEURS ETRANGES
Tu n’es qu’un bruit dans le silence éternel
Des Dieux encensés
Ton royaume est de poussière
Je suis venu y poser des chrysanthèmes
Sois béni misérable !
Je t’enterre à jamais
Célèbre ton ultime messe
Ceci est ton corps nu, céleste, avide et surdimensionné
Il n’y a plus de limite
L’univers s’étend
Et sous mes pieds la route gravie
L’ultime montagne
Que l’homme n’a jamais SOUILLE
Et toi qui es-tu ?
Tu te sauves ?
Perds toi bien et à jamais.
Les paroles de l’enfer glissent par derrière
Et nous frappent dans le dos
Tu ne peux le voir, toi l’inconnu aux milles visages
Le monde c’est endormi ce soir
Laissant le temps en suspend
Et toi qui que tu sois
Prends soi de toi
Mon ami, mon amour
Je t’aime à jamais
Et pour toujours
Chut ! SILENCIO !
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