"Le siège de cire" par Mizan (texte en ligne)
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Accolée aux remparts d’une lucarne close,
dans l’espace encombré d’un modeste grenier,
une femme est cloîtrée, juste parce qu’elle ose
usurper un royaume où la nuit doit régner.
La captive sait bien ce que l’ombre réclame.
Au berceau de ses mains, piquant l’obscurité,
resplendit le joyau d’une chétive flamme.
L’insolente en ces lieux est en sécurité;
Face à son bastion de vitres et de planches,
sa majesté la nuit manque d’autorité.
Pour étouffer ce feu, pour souiller ces joues blanches,
elle a frappé cent fois sans pouvoir s’inviter;
Ni bourrasque, ni pluie, ni nocturne rapace
n’ont pu jusqu’à présent dérober la clarté.
Vainement alentours la jalouse repasse,
et froide de colère, et noire de fierté.
Ses papillons de suie, farouches demoiselles,
sous leurs masques de mort, observent leur appât;
La flamme ne craint pas la cendre de leurs ailes;
La lucarne est fermée; La nuit n’entrera pas.
Et tandis qu’elle râle, et rumine, et maraude,
sous ce toit, sa rivale au visage éclatant,
pose sur l’infini sa prunelle émeraude
et crie à l’aube « viens ! » et à l’ombre « va-t-en ! ».
Mais soudain tout se trouble; Au coin de la fenêtre
a surgit quelque chose; Et la femme, de peur
a crié, croyant voir un visage apparaître
dans le verre brodé d’éphémère vapeur.
Ce n’était pour la nuit qu’une ruse facile.
Au-dehors, les allées, les chemins sont déserts.
Et pourtant tout est fait. Arrogance imbécile !
Les ténèbres sont là, répandues dans les airs !
Elle avait tenu tête ou qu’il pleuve ou qu’il vente;
Mais il n’aura fallu qu’un regard foudroyant
pour que dans cet espace épaissi d’épouvante
la flamme ne soit plus qu’un filet ondoyant.
Il n’est plus d’étendard à la mèche menue,
plus d’étincelle à brandir devant l’obscurité
qui par son ennemie est enfin parvenue
par un simple hurlement, à la décapiter.
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