"Le Journal d’Élisabeth" par Améthyste (texte en ligne)
Les autres textes en ligne | Publiez vos textes ?.
Triste histoire que fut mon existence parmi les mortels. Une vie vouée à la solitude ainsi qu’au désespoir, alliées fidèles néanmoins.
Je me nomme Élisabeth, je naquis dans un petit village au XVIII ème siècle, par une nuit pluvieuse où mes tristes jours ont péri.
J’ai longtemps réfléchi à ma naissance, ce pourquoi je fus amenée ici-bas. Je n’ai jamais trouvé réponse à cette question, peut-être que vous, honorables lecteurs, trouverez l’énigme à travers les lignes de mon journal.
Ce journal a été mon confident durant mes derniers jours à vivre, je désirais me confier à l’invisible, afin de trouver un dernier espoir, mais il en fut autrement.
Tout commença un jour de brume où l’envie de m’évader ce fit ressentir. La vie m’a toujours semblé très monotone, je n’y trouvais aucuns plaisirs. Je n’ai jamais eu d’amis, mis à part la Mort elle-même qui m’a si souvent consolé.
Cette nuit-ci, j’ai été prise d’un profond sentiment, une envie d’évasion. Je décidais de me rendre dans la forêt qui renferme notre village.
Je pris le chemin le plus court, la nuit n’est pas conseillée, paraît-il que des créatures venues de l’Enfer se font surprendre en pleine chasse, chose que je n’ai jamais cru.
Mes pensées se dirigeaient vers l’invisible, un appel au secours. Je sentais planer au-dessus de moi des chauves-souris, des corbeaux mais aussi des feuilles qui dansaient dans l’air, à ce moment là, j’ai su que quelque chose allait arriver. Je ne saurais expliquer ce sentiment qui soudain, envahit mon corps, me pris d’une poigne ferme à la gorge et me saisit brusquement.
La lune éclairait ma vue et je vis au loin des arbres ornés un petit chemin, je le suivis aveuglement me laissant guider par mes sentiments les plus tristes.
Suite à une longue marche qui ne m’a mené qu’au point de départ, je m’assieds à côté d’un sapin. Le souffle du vent dansait avec moi, en me faisant valser brusquement, un cavalier très colossal.
Je fus sortie de mes rêves par des bruits de pas. Mon cœur battait de plus en vite, car les légendes qui se font entendre dans le village me revinrent à l’esprit. Ce n’est que mon imagination, dis-je. Mon intuition me poussait à croire qu’il y avait bien une silhouette qui se laissait apercevoir au loin, mais la brume était si épaisse que je fus amener à croire qu’un animal passait par-là.
Une caresse sur mes cheveux me fit sursauter.
- Qui êtes-vous, hurlais-je !
Je ne fus point surprise qu’aucune réponse me fit échos, seul le vent répondit à mon appel par un grondement qui brisa les branches d’un arbre. La foudre frappa un chêne massif, puis y déposa ses flammes rougeâtres. A ce moment, je fus brusquement transportée en arrière puis je retombais violemment à terre.
Je me relevais tout en étant effrayée, car une chute aussi violente ne pouvait point venir du vent. Je soulevais délicatement les cheveux qui cachaient mon visage, à ce moment, j’aperçu un homme vêtu tel un Prince, aux cheveux long et noir, aux lèvres rouges comme le sang. Il me fixait de ses yeux verts et brûlants comme le saphir. Je fus intimidée devant une telle beauté, mais la colère me serra la gorge et d’un ton peu courtois je lui demandais s’il avait des pulsions non contrôlées pour se jeter ainsi sur une jeune-fille. Il me répondit d’un ton tout aussi ferme, que la vie ne serait plus en moi s’il ne m’avait point sauvé des griffes de la foudre. Je me fondis en excuses devant ce jeune-homme, et timidement, je le remerciais de ce geste délicat.
Je fixais la blancheur de sa peau, et ses lèvres rouges qui laissaient apercevoir des canines plus ou moins grandes lorsqu’il me parlait. Je ne s’avais s’il fallait que j’aperçoive ce jeune-homme comme les créatures venues du gouffre de l’Enfer comme le disait si bien mon père. Mais je me sentais bien en sa compagnie, bien que le silence demeurait, j’avais l’impression qu’il me parlait par pensées.
Je fus curieuse de savoir où résidait ce charmant jeune-homme. Ma curiosité fut comblée par une réponse étrange.
- Nulle part, me répondit-il.
D’un ton ironique je lui dis que je ne connaissais point ce village, c’est à ce moment que j’ai pu voir son visage illuminer d’un sourire, tout en laissant paraître de longues et fines canines.
Le vent me fit sortir de mon rêve, et j’annonçais au jeune-homme que je ne devais guère tarder à rentrer au village. Je me retournais, et je sentis une main froide me rattraper, je me tournais vers lui, et de sa main il me donna une caresse délicate sur ma joue. Un long murmure se fit entendre, un souffle qui me donna rendez-vous dans la forêt à la nuit tombée de demain. J’acceptais.
Je ne pus dormir suite à une telle rencontre. A présent, j’étais certaine que le jeune homme était une de ces créatures que l’on appelle vampire ou plus vulgairement goule ici, au village. Ce secret ne devra jamais être révélé, me dis-je.
La journée me paru longue, interminable. Je me languissais de retrouver le jeune-homme, le revoir afin de comprendre ses secrets, secrets qui terrifient toute une population. Bien qu’il ne me semblait pas méchant, je voulais percer le mythe qui est si terrifiant aux yeux du monde.
Lorsque minuit sonna, je me précipitais vers la forêt comme prévu. Soudainement, mon envie de le revoir était moins présente, la timidité à toujours était ma plus grande alliée.
A peine sortie de ma torpeur à l’idée de lui parler, je le vis au loin, éclairé par les rayons de la lune. Il s’avança vers moi défiant le vent de sa course aventureuse, et me prit par la main. Ma gorge se serra par tant d’émotions, loin de moi était l’habitude de m’adresser aux inconnus, mais il y avait quelque chose de magique qui s’était créé la nuit précédente.
Il m’emmena dans une petite crypte, éclairée par des cierges. Je m’assieds à ses côtés mais retomba à terre lorsqu’une araignée décida de tisser des liens sur ma main. Bestioles que je n’ai jamais apprécié mais qui semble amuser mon hôte. Suite à ce spectacle qui me mis mal à l’aise, je n’osais point lui poser les questions qui m’avaient hanté toute la journée. D’un ton aimable, il m’a gentiment prié de lui poser les questions qui me mettaient mal à l’aise. Je fus surprise par cette affirmation, mais très vite ma curiosité parla à ma place.
Curieusement, je n’eus point de réponses concrètes, le sentiment qui se fit ressentir était probablement de la gêne. Vampire, cela me fut confirmer, mais point l’histoire du mythe qui englobe tant de mystères. Perdue dans mes pensées, je sentais son regard sur moi, me dévisageant avec beaucoup de délicatesse. Cette situation ne s’était jusqu’alors, jamais offerte à moi. Timidement, je plongeais mes yeux dans les siens et nos lèvres se touchèrent. Je fus envahie par le sentiment qui est le plus touchant, un sentiment qui vous poignarde le cœur ainsi que le corps entier.
Lorsqu’il me prit dans ses bras, je sentis son souffle chaud sur mon cou, et des pensées étranges m’ont envahi. Je le suppliais de faire de moi une des leur, chose qu’il n’accepta point. Je ne rétorquais guère, il devait sûrement avoir ses raisons, chose que je compris.
Enlacés depuis de nombreuses heures, je ne désirais point rentrer au village et quitter mon bien-aimé, mais il le fallait, les villageois pourraient venir à ma recherche et découvrir mon secret.
Je me séparais de mon tendre aimé, et me dirigeais vers l’entrée de la crypte. La forêt était illuminée par des torches tenues par les villageois. Un sentiment de frayeur envahit mon cœur, je fis signe à mon aimé de se cacher mais il avait été aperçu à la lueur du feu.
Mon père, m’attrapa fermement en me jetant violemment à terre et me bloqua pour que je ne puisse me débattre.
Il se précipita vers mon bien-aimé qui avait frappé mon père. Mais rien ne pu arrêter la main de l’homme qui est mon frère. En cette nuit, l’amour de ma vie fut tué par la haine humaine.
Vois-tu lecteur, la vie n’est qu’un songe. Elle ne pourra jamais être réelle tant que la cruauté de l’homme résidera sur terre. Le mal ne se trouve pas toujours là où tu t’apprête à le croiser.
Vivre n’est qu’un rêve inique, qui fait face à la terreur et au désespoir. Nul secret peut être gardé, celui que j’avais a été révélé par le biais d’un journal que j’avais commencé.
Je me languie de visiter les sombres contrées de la Mort. Le voile c’est à présent levé, et l‘inaccessible devient une chose simple à détourner.
Mon aimé m’appelle, je dépose ce journal sur mon cadavre.
Améthyste - 2006
© Améthyste | Laissez un commentaire.
