"Karma (extrait)" par Antonin Pasquereau (texte en ligne)
Les autres textes en ligne | Publiez vos textes ?.
1960, l’union soviétique est un vaste territoire froid et portant les cicatrices d’un communisme aussi peu fonctionnel que les références mentales de la guerre froide. On est encore dans une période de transition et nombre des ‘’clichés’’ héritées de la guerre froide jdanovienne continuent de peser sur une administration diplomatique qui ne connaîtra son âge d'or que dans les années 70, au moment où les « mezhdunarodniki », formés durant le dégel, seront propulsés aux postes de responsabilité. Ce marécage de son enfance, ce bourbier dans lequel une évasion spirituelle n’était qu’un gage de survie…il était lié a cette histoire, il était une partie de cette histoire, en fait. Ce constat ne lui faisait pas peur, non, Andrei regardait le passé avec la confiance d’un homme tout simplement….lucide.
Mais c’était un peu plus que ça. C’était une Foi en laquelle il ne voulait pas croire, mais de laquelle il ne pouvait se défaire. Comme cette comptine, qu’il chantonnait parfois sans s’en rendre compte… vestige de sa mère, et des nuits passées dans la maison de famille :
‘’Belle voyageuse, pourquoi restes-tu dans le froid ?
Belle voyageuse, ne reste pas la…
Tu as parcouru trop de chemin, et ton cœur est fatigué
Personne ne t’a donné a manger, maintenant tu as faim,
Belle voyageuse, dans les lignes de ma main,
Réside celle que je n’ai jamais cessé d’aimer…
Belle voyageuse, pourquoi restes-tu dans le froid ?
Belle voyageuse, ne reste pas la…
Maintenant que tu crois qu’il n’y a plus rien,
Que ton le monde passe, sans te regarder
Belle voyageuse, tu ne vois-tu donc pas qu’assis a tes côtés,
Un homme t’aime, mais toi, tu ne vois rien…
Belle voyageuse, pourquoi restes-tu dans le froid ?
Belle voyageuse, moi je ne reste pas…’’
Andrei maintenant chantonnait. Il ralentit son allure en arrivant a l’intersection de deux petites ruelles dans un quartier assez résidentiel. La, il trouva un petit parc, équipé de jeux pour enfants, d’un peu de sable et de pelouse. Quelques arbres alentours isolaient un peu le lieu, et Andrei pensa que c’était l’endroit parfait pour continuer son voyage mental.
Il s’assit sur un banc, étendit son bras sur le dossier et commença a se laisser guider par les ‘’directions’’…
‘’ Belle voyageuse, pourquoi restes-tu dans le froid ?
Belle voyageuse, moi je ne reste pas…’’
Fragment Arkhane
Enfer et solitude.
Il est une spécificité que nous ne saisissons pas entièrement, une singularité propre a votre espèce qui s’appelle L’ego.
Cette partie de votre conscience qui est l’essence consciente et pensante de la personne. Structure de surface nécessaire à l'équilibre psychologique, comme diraient vos oppresseurs, qui ont besoin de la dépendance affective issue, magnifiée par votre ego, afin de perpétuer la notion de dominant / dominé qui est la base de votre société actuelle de consommation différée.
Sans dépendance affective, vous devenez des Dieux. Séparés de toute individualité, vos capacités cérébrales, et surtout évolutives, se montrent de loin supérieures a tout ce que nous avons étudié dans l’avenir comme dans le passé. La liberté ne semble cependant pas être partie intrinsèque de votre volonté; vous vous en privez volontiers, pour l’amour de l’autre, comme pour la haine de l’autre.
Il est établit que l’ensemble de vos connexions énergétiques supérieures –totalement inconnues de la plupart des votre – vous permet de créer le réel a l’image de l’ensemble de vos actions. Chacune de vos pensées individuelles, paroles et actions, contribue a créer le perceptible individuel.
Il ne faut également pas oublier que la moyenne marginale de vos pensées collectives, paroles et actions, contribuent a créer ce que vous appelez communément la réalité perceptible, ce qui inclut la matière.
Matière et pensées ont été crées ensemble. Elles sont deux faces d’une même pièce. Jamais, n’oubliez cela, ou toujours, les même erreurs vous répéterez.
© Antonin Pasquereau | Laissez un commentaire.
