"Fleurs de la nuit." par Marquis de Voilnoir (texte en ligne)
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Le voile noir s'étend, et éteint la flamme,
Qui réchauffait le cœur, de nous tous et des autres.
Et c'est l'obscurité, ma maîtresse et femme,
Qui rouvrira mes plaies, pour refermer les vôtres.
Laisse-moi arroser cette terre sacrée,
L'inonder de mes larmes et de tout mon sang,
Pour voir encore les fleurs de la nuit pousser,
Et purger une peine, l'erreur d'être vivant...
Chacune de mes larmes fera pousser la fleur,
Délivrant son parfum, et son corps si fragile,
Dans une orgie de couleurs et de senteurs.
Ô grâce divine, beauté si futile...
Ma main d'un geste si doux glissant sur la tige,
Se saisi promptement de l'objet de mes rêves.
En arrachant les pétales mon cœur se fige,
Délicieuse souffrance d'une joie si brève...
Doucement sur mes doigts s'écoule la sève,
Qui coulait dans tes veines, et te tenait en vie.
Celle que tu aimais boire, aujourd'hui je t'enlève,
Et te laisse seule, seule dans l'agonie...
Ainsi tu apprendras à souffrir, mon amour,
Dans les larmes et le sang tu vivra ta mort,
Ne revoyant plus jamais la lumière du jour,
Ni les folles tempêtes de poussières d'or.
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