"Fleurs de barbelés (extrait)" par Nicolas Liau (texte en ligne)

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A paraître…


Wulfran tomba malade le jour où il atteignit l’âge d’aimer : une fatalité cruelle voulut qu’il développe une sensibilité peu commune et qu’il s’attache à ses semblables avec une force et une facilité qui n’étaient pas naturelles. A tous, et partout, la puissance de ses sentiments faisait peur parce qu’il semblait ne jamais être en mesure de la réfréner et parce que chacun de ses battements de cœur trop appuyés semblait braver les convenances. Wulfran chérit un nombre de garçons bien trop grand pour son seul cœur et sa seule vie, au point qu’il finit par fatiguer l’un et l’autre.
Personne ne voulut faire l’effort de l’aimer, si bien qu’il ne tarda pas à s’enferrer dans une profonde solitude. Et c’était pour le jeune homme une souffrance terrible que de laisser rancir en lui, à profusion, une affection dont aucun compagnon ne souhaitait s’embarrasser. Tout cet amour inemployé s’amoncela au fil des saisons dans la moiteur de son cœur, s’y putréfia et commença à répandre une odeur sinistre dont tout le monde s’écartait en se pinçant le nez.

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