"Au coeur de l'obscurité." par Dominique LE BRIS (texte en ligne)

Les autres textes en ligne | Publiez vos textes ?.

Cette nouvelle écrite par Dominique avait été initialement publiée dans l'ancienne version du site du fanzine Reflets d'Ombres.

Il me semblait utile de la remettre en ligne sur ce site, puisque Dominique m'avait fait l'honneur de le choisir pour exposer ses quelques créations littéraires.

De plus, elle semble aujourd'hui avoir gagné quelque chose de prophétique.
« Cette nuit, j'ai décidé de mettre fin à mes jours. », écrivait-il...

Preuve aussi, que si notre existence est éphémères, nous qui « sommes tous des condamnés à mort », nos créations elles nous survivent, et nous donnent un air d'éternité...

LSH, le webmaster.




« L'homme n'est rien d'autre que du sperme fétide, un sac d'ordures, une nourriture pour les vers. Sans Dieu, science, sagesse, raison passent comme des nuages »
SAINT BERNARD (Méditations)


Cette nuit, j'ai décidé de mettre fin à mes jours. Je suis seul dans ma chambre au premier étage d'une maison à encorbellement. Le vent s'est levé à la tombée de la nuit et les grains se succèdent par intermittence. Je tape sur le clavier d'un ordinateur portable dont la batterie commence à faiblir ; l'écran éclaire d'une lumière grise mon visage hâve de tant de nuits sans sommeil. Ma chambre est petite, meublée en plus de la table et de la chaise que j'occupe, d'un lit à défait et d'une table de chevet où brûle une bougie. Les volets sont clos à l'intérieur comme à l'extérieur ; la porte est fermée à double tour. Un fusil de chasse est appuyé au chevet de mon lit.
Tout a commencé il y a six mois lorsque je suis venu m'installer dans cette région maudite suite au décès de mes parents. J'étais fils unique, et le choc fut tel pour ma personnalité solitaire et mélancolique que je sombrais dans une profonde dépression. Le médecin me conseilla de changer d'air. Nous possédions une maison au coeur des Monts d'Arrée en Bretagne où j'avais passé quelques été étant enfant. Puis, nous avions pris l'habitude de passer nos vacances en Provence où le climat convenait mieux aux problèmes pulmonaires de ma mère.
Je poursuivais des études d'architecture lorsque survint le drame. Cet art m'avait beaucoup déçu. Quel plaisir peut-on prendre à dresser des tours de béton, de verre et d'acier quand on rêve d'arches, de travées et de dômes ? Paris et ses masses grouillantes me dégoûtaient de plus en plus chaque jour. Les bouches de métro vomissaient leur torrent de métis agressifs et incultes et les grognements qui émanaient de ce troupeau me remplissaient de malaise. Parfois, lorsque je voyais, au coeur de cette masse fétide, un beau spécimen de la race blanche, je me prenais à espérer, mais c'était pour découvrir à ses côtés une créature abâtardie, difforme et vociférant.
La maison est une construction de 1761, avec un toit à croupes à quatre versants, perchée sur un plateau de quartzite qui domine le réservoir de St-Michel de Brasparts et ses tourbières. On y accède côté sud par une piste en terre battue. Elle est protégée sur les trois autres points cardinaux par des escarpements rocheux. Au rez-de-chaussée se trouvent une cuisine, un séjour et une bibliothèque fort bien garnie. A l'étage, il y a trois chambres et une salle d'eau. La demeure n'a pas le confort moderne, juste l'eau courante et l'électricité. Un bâtiment attenant au logis sert de cave et de remise.
Je suis arrivé là le 15 juin et depuis, je me suis promené dans cette lande parsemée d'escarpements rocheux, d'ajoncs éclatant de jaune et de bruyère dont les fleurs violettes s'épanouissent en septembre. Ici, la lande s'étend à perte de vue. En fin de journée, ce paysage solitaire se teinte d'ocre lorsqu'il ne pleut pas. Au cours de mes balades quotidiennes, je suivais des sentiers à demi effacés tracés par des animaux ou des chasseurs. Je trouvais toujours un endroit insolite où m'adonner à la lecture et, parfois, à la rêverie. Parfois, il s'agissait d'un ravin ponctué d'éboulis ; une autre fois, je tombais sur un pin parasol qui se dressait fièrement au dessus des cimes de ses rejetons. Je grimpais alors dans ses basses branches et passait l'après-midi à lire. Je découvris, un jour, près d'une mare sombre où venait se jeter un ruisseau, une pierre levée enchâssée dans la végétation, recouverte de mousse et de lichen. Je tombais sous le charme de ce monument des temps pré-historiques et revins souvent le contempler. Un jour, je décidai de le délivrer de sa gangue de verdure. Ce fut le commencement des évènements qui allaient causer ma perte.
La tâche se révéla plus difficile que prévue, mais, après plusieurs jours de travail fastidieux, je découvris un menhir de cinq mètres de haut sur trois de large. Le bloc était orné sur les deux faces. Le côté bombé portait dix-sept cupules, d'un diamètre variant de quatre à six centimètres et la trace peu lisible d'une hache. La face plate montrait un cartouche carré de quarante centimètres associé à un soleil ou à une lune pleine. A l'intérieur du cartouche se trouvait gravée l'image d'une créature anthropomorphe dont la tête évoquait celle d'un éléphant ou d'un mammouth. Ce monument était à la fois très ancien et unique en son genre du fait de sa lithographie singulière.
Quelques temps après, je commençais à faire des rêves étranges, mystérieux et envoûtants. Mon premier rêve m'attira dans l'air sucré de contrées australes et, sous mes yeux émerveillés, défilèrent des chapelets d'îles verdoyantes émergeant des étendues calmes de mers bleu turquoise. La surface de l'eau était seulement troublée par les bonds d'un animal qui ressemblait à un dauphin. Avec l'intuition qui sied aux rêves, je compris qu'il m'invitait à le suivre. Bientôt, il m'entraînait dans le sillage d'une galère dorée où s'affairaient des hommes blonds à demi nus qui maniaient la rame au son d'un tambour. Nous arrivâmes près d'une côte et je vis devant moi une cité qui escaladait une colline. La galère entra dans le port par un étroit chenal protégé par deux digues à l'extrémité desquelles brillaient, dans le crépuscule, de grands feux dans des vasques d'obsidienne. La ville, elle-même, était constituée de maisons carrées à un étage aux murs chaulés qui s'étageaient le long du roc jusqu'à un palais de marbre et de cornaline jaune. Un roi y résidait qui, jamais, ne dormait. Il errait à travers la cité, tantôt sous l'apparence d'un jeune éphèbe barbu, tantôt sous la forme d'une vieille femme vendant dans les ruelles ses bouquets de roses écarlates. Nul, dans la cité, ne put me dire quel était l'objet de sa quête désespérée. Je revins souvent dans les contrées du rêve et je découvris bien d'autres cités, bien d'autres palais et bien d'autres mystères...
Mais, une nuit, je fus incapable de retrouver mon chemin vers les terres australes. J'errai dans les limbes jusqu'à ce qu'une voix m'appelle. Elle m'attira vers une plaine de sable brun-rose parsemée de rochers gris, noirs et vert sombres. De tous côtés, je n'aperçevai que des pics menaçants et derrière eux la bouche fumante de volcans en éruption. A mesure que je me rapprochais du sol, je vis, ça et là, que s'ouvraient brusquement des failles énormes, larges de plusieurs dizaines de mètres et dont le fond était caché dans les ténèbres. Une force irrésistible me poussa à descendre dans un de ces gouffres effrayants et je vis que, dans les sombres falaises de roc brut, bayaient de sombres cavernes. Je croisais des formes vagues qui passaient furtivement à l'extrémité de mon champ de vision et disparaissaient dès que j'essayai, malgré mon appréhension, de les apercevoir.
Il me fallu des heures, à ce qu'il me sembla, pour atteindre le fond du gouffre. Les murs étaient tapissés d'une mousse blanchâtre qui émettait une forte phosphorescence, ce qui me permit de voir qu'une infinité de tunnels s'ouvraient dans les parois autour de moi. Je m'engageai résolument dans le tunnel le plus large. Je me déplaçais à une vitesse prodigieuse. De temps à autre, le tunnel se séparait en deux et je prenais d'instinct une des directions. De nombreuses galeries s'ouvraient aussi le long du tunnel mais je n'y prêtais guère attention. Bientôt, un sourd grondement me parvint. Il s'agissait de l'écho de tambours et de fifres qui formaient une cacophonie que n'aurait pas reniée un compositeur de musique concrète. Enfin, je débouchais dans une grotte aux dimensions cyclopéennes.
Là, des centaine de milliers de créatures répugnantes et débiles dansaient et coassaient au son des fifres et des tambours. Ces créatures étaient extrêmement primitives, autant que je pus en juger dans la faible clarté des torches disposées de ci delà dans des anfractuosités de la roche. C'était, comme formées à partir du limon originel, des masses de protoplasme qui affectaient des formes humanoïdes pour certaines, clairement animales pour d'autres qui gémissaient en se traînant sur le sol de la caverne. Leur peau, d'un gris squameux, était ponctuée d'énormes ulcères d'où s'échappaient des flots de pus. A l'extrémité opposée de la caverne se trouvaient deux portes monumentales. Je m'en approchai et vis que leur hauteur dépassait plusieurs dizaines de mètres. Mais ces portes n'avaient pas la forme régulière de portes normales. Elles formaient un parallélépipède tronqué où le bas semblait concave alors que le haut apparaissait convexe. En fait, c'était comme si une partie de l'ouvrage existait dans d'autres dimensions que la notre.
Soudain, le silence se fit. Les portes titanesques s'ouvrirent sans bruit et une créature de cauchemar apparut alors. Sur un torse de forme triangulaire venait directement se greffer une tête de pachyderme aux immenses oreilles nervurées comme des ailes de chauve-souris. Ses yeux étaient globuleux et surmontés d'immenses arcades sourcillières et sa trompe était constituée en fait d'un fin écheveau de tentacules qui vibraient comme animées d'une vie propre. Ses membres antérieurs étaient démesurément longs et ses mains se terminaient par d'énormes griffes acérées. Ce n'est que lorsque la créature s'avança un peu plus que je m'aperçu qu'elle était dépourvue de membres postérieurs. La partie basse de son corps ne formait qu'un seul bloc compact de chair visqueuse et noirâtre. La forme ne marchait pas : elle se déplaçait comme une gigantesque limace laissant derrière elle une traînée de sanie. La puanteur était horrible et prenait à la gorge. Maintenant, la foule des adorateurs se prosternait -pour ceux qui en était capables- devant la chose en psalmodiant une suite de mots dans une langue qui n'avait pas sa place sur la Terre des hommes. Et la créature leur répondait pendant que la cacophonie des flûtes et des percussions reprenait de plus belle. La litanie et les réponds allaient crescendo et un frisson me glaça. Alors, une vague théorie d'humanoïdes surgit d'un tunnel adjacent. La suite portait de grands paniers tressés. C'est alors que je m'évanouis au moment où une tentacule plongeait dans un panier et en ramenait une chose horrible qui ne pouvait être qu'une tête humaine dans un état de putréfaction avancée.

Je sombrais alors dans une sorte de léthargie dont je ne me relevai, affaibli, que trois jours plus tard. Après m'être rassasié et avoir fait un brin de toilette, je sorti afin de réfléchir à ce qui m'était arrivé. Je parvins à la conclusion que ce rêve n'était que le résultat de la conjonction d'un accès de fièvre et de l'état précaire dans lequel se trouvaient mes nerfs. Cependant, les nuits qui suivirent, je me surpris à retarder sans cesse l'heure de me coucher. Je m'installais dans la bibliothèque où je trouvais parmi de nombreux romans un fonds très important sur l'histoire de la Bretagne et de ses mythes. Le "Barzaz Breizh" de Villemarqué s'y trouvait ainsi que "la légende de la mort" d'Anatole Le Braz, des livres de Jean Markale, ainsi qu'une multitude de livres et de monographies dont je ne soupçonnais même pas l'existence. Il y avait aussi d'étranges et très anciens livres reliés en peau d'animal. Mais, ils étaient tous rédigés dans des langues qui m'étaient inconnues. Je finis cependant par découvrir une dizaine de cahiers manuscrits qui étaient des traductions de passages de ces ouvrages. Ils parlaient de démonologie, de cultes oubliés et d'affreuses légendes. L'une d'elle m'intrigua particulièrement car il y était fait mention d'un réseau d'immenses cavernes situé à des profondeurs infinies au-dessous de la surface de la Terre. Selon la légende, de monstrueuses créatures s'y terrent attendant qu'un passage vers la surface s'ouvrit. Elles vénèrent avec dévotion celui qui n'a pas de nom et qui est plus ancien que le plus ancien des leurs. Je lisais ainsi toutes les nuits ces écrits impies puis, aux première lueurs de l'aube, je montais me coucher et dormais d'un sommeil sans rêve jusqu'à la mi-journée. Là, je reprenais mes balades en évitant maintenant, je ne sais pourquoi, d'approcher du menhir.
Une nuit pourtant, je m'endormis sans doute car je fis un cauchemar terrifiant. Je me retrouvais debout sous la lune près du mégalithe. Un homme était attaché à la pierre, terrifié. Il criait mais je ne pouvais pas bouger. Et soudain, je sus que c'était moi qui l'avait attaché là ! Alors, une étrange mélopée sortit de mes lèvres et je réalisai avec terreur qu'elle épousait la forme de celle que j'avais entendu en rêve dans l'immense caverne. Je ne pus rien faire lorsqu'à ma mélopée vinrent se joindre des voix qui semblaient provenir des profondeurs de la terre et qui devenaient de plus en plus distinctes. Sortant de l'ombre, une douzaine de créatures bavantes et jacassantes s'avançèrent . Leurs griffes pointues raclaient le sol et leurs crocs jaunâtres luisaient au clair de lune. Je les reconnu ; c'était celles de la caverne. En silence, elles formèrent un cercle autour du menhir. Les chants reprirent alors et je mêlai ma voix à celles des créatures démoniaques. Alors, je crus voir une forme gigantesque s'élever au-dessus de nous jusqu'à absorber la lumière lunaire. Nos chants reçurent alors une réponse venue du néant. Soudain, les créatures se ruèrent à la curée. Le pauvre homme fut percé par les longues griffes puis consciencieusement dépecé encore vif. Au moment de son agonie, j'entendis un rire ignoble que je n'oublierai jamais car ce rire avait un ton indubitablement humain.
Malgré l'utilisation sans mesure de caféine, je m'endormis encore plusieurs fois cette semaine là et le même rêve se répétait à la variante près que la victime était chaque fois différente. Puis les cauchemars cessèrent pendant trois semaines et je crus avoir retrouvé le repos. Hélas, à la pleine lune suivante, tout recommença. En fait, j'avais poursuivi la lecture des cahiers de la bibliothèque et j'en avais appris bien plus qu'il n'est souhaitable sur des choses qui devraient rester ignorées des mortels. La créature aux oreilles d'éléphant avait été autrefois été un homme, un puissant chaman, au temps du Mésolithique. Ses pratiques barbares l'avaient fait chasser de sa tribu mais il passa un pacte avec des êtres plus anciens que la Terre même et ceux-ci lui offrirent la vie éternelle mais à la condition d'adopter cette enveloppe hideuse et de rester caché dans les profondeurs de la Terre jusqu'à ce que son heure sonna. Au fil des millénaires, il créa une race d'esclaves pour le servir et l'adorer et certains fils de l'homme entretinrent pour lui un culte démoniaque comme ceux qui avaient dressé ce menhir.
Un matin, je fermai la maison et résolu de quitter cet endroit qui avait une influence si néfaste sur mon équilibre nerveux. Je pris la route de Paris et m'arrêtai à Morlaix pour acheter un paquet de cigarettes. Je ne fumes pas d'ordinaire mais lors de longs trajets, fumer me permet de passer le temps. Au moment où j'allai payer, je tombai sur la manchette d'Ouest-France et je pâlis. Elle disait : "Nouvelle disparition dans un hameau de la côte : la vingt-huitième en l'espace de trois mois." J'achetai le journal et retournai à la maison des Monts d'Arrée.
Après ma lecture, je sus que j'étais un meurtrier. Je ne pouvais pas réparer le mal que j'avais fait mais je résolu de tout tenter pour que cela ne se reproduise plus. Je fis une pile des ouvrages de la bibliothèque, n'en épargnant aucun de peur que le poison resta caché quelque part dans un livre d'apparence anodine, et y mis le feu. Tandis que les livres brûlaient, je ressenti comme une délivrance. Puis, armé d'un marteau et d'un burin j'effaçai toute trace du cartouche sur le menhir. Cependant, malgré mes recherches, je ne pus découvrir le passage qui permettait aux créatures de l'ombre de gagner la surface.
Cette nuit-là, je m'enfermai à clef dans ma chambre, fermant les volets extérieurs en fer et les volets intérieurs en bois. Bien m'en prit car, peu après minuit, les créatures vinrent et des coups furieux ébranlèrent la maison jusqu'à ses fondations. Cela dura plusieurs heures pendant lesquelles je restai prostré sur mon lit les mains sur les oreilles pour ne pas entendre leurs hideux glapissements. Au matin, je découvris que les barres de fer qui protégeaient les fenêtres du rez-de-chaussée avaient été tordues tandis que les volets de fer étaient criblés d'impacts de pierre. Ma voiture avait été projetée dans le ravin où elle avait terminé sa course dans une fondrière. Les fils électriques avaient été arrachés et la dalle de béton qui protégeait la fosse septique avait été soulevée puis projetée avec violence contre le mur de derrière. La vieille bâtisse avait tenu bon mais je savais qu'une seconde attaque pourrait bien être fatale.
Je fis donc de nouvelles recherches à l'aide d'une barre de mine tout autour du mégalithe et après plusieurs heures d'efforts infructueux le sol rendit un son creux. J'écartai l'humus et découvris une dalle de pierre de bonne taille. Avec l'aide de la barre de mine, je réussis à soulever le roc et une odeur pestilentielle s'éleva du trou. Des marches grossières étaient taillées dans le rocher et descendaient tout droit vers les entrailles de la Terre. Je retournais vers la maison cherchant un moyen de combler l'accès à la surface. La chance me sourit car je trouvais une caisse de dynamite dans le bâtiment qui servait de resserre. Elle avait sans doute servi à détruire les souches d'arbres morts.
A l'aide d'une brouette, je ramenai les bâtons de dynamite avec moi puis j'entrepris de fabriquer une bombe artisanale en liant ensemble tous les explosifs. L'après-midi était bien avancé lorsque j'eu terminé mon ouvrage. Je mis le feu à la mèche et balançai la mine dans l'escalier. Elle rebondit de marche en marche tandis que je reposai précipitamment la dalle. Une explosion titanesque fit trembler le sol et la roche s'affaissa sur tout le pourtour du trou tandis qu'une fumée sombre s'échappait des jointures de la dalle. J'espérai, à cet instant, qu'il n'y avait pas d'autres accès à la surface.

Il est maintenant une heure passée et j'ai terminé ma confession. Depuis minuit, ils rôdent dehors. J'ai échoué et cette fois-ci leur maître est là. Je sens toute la malignité de son cerveau corrompu. C'est mon âme qu'il désire et aussi que je devienne son serviteur. J'ai décidé de m'en remettre à la clémence de celui qui seul peut me juger. De mes lectures, j'ai acquis la conviction que je sers aux monstres de porte pour marcher sur notre Terre. Moi mort, ils devraient être renvoyés dans leur domaine souterrain dont, si Dieu a quelque égard pour la race humaine, ils ne sortiront plus jamais.
--------
Mon Dieu, mon fusil a disparu. J'ai cherché partout dans la maison sans en trouver nulle trace. Le maître est là dehors et il m'appelle. Je vais bientôt aller à lui car mes barrières mentales cèdent l'une après l'autre. Dieu ait pitié de moi !

FIN

© Dominique LE BRIS | Laissez un commentaire.

Liens partenaires & sponsors : Littérature érotique | Accrobranche | BD érotique | Tatouages & Bijoux | Littérature