"A coeur perdu (extrait)" par Nicolas Liau (texte en ligne)

Les autres textes en ligne | Publiez vos textes ?.

Conte paru dans le recueil "Quand je serai grand, je serai mort" (Ed. Les 2 Encres, 2008)


Je vous salue bien bas, vous qui, d’un pas léger, venez ce matin à ma rencontre... Mais, qui êtes-vous ? Car je vois bien que nous n’avons pas encore l’honneur de nous connaître.
Un ami, dites-vous ? Un ami ? C’est étrange, ce mot ne m’évoque rien... Ah, oui, un ami ! Ça me revient à présent ! La dernière fois que j’ai prononcé ce mot... Oh, la, la, oui, c’est si vieux ! Il a fallu à ma mémoire remonter un sacré bout de temps en arrière pour réveiller le souvenir de ce mot. Mais ça y est, je m’en souviens.
Ce mot doit être associé à des pensées un peu tristes car, voyez, une petite larme roule sur ma joue sans que je le lui aie commandé... N’y prêtez pas attention : elle va glisser sur ma mâchoire, dévaler mon cou et aller se perdre sous mes vêtements. Et le sillon humide qu’elle a laissé sur ma peau se sera bientôt évaporé... Ah ! Bien le bonjour mon ami !
Je suis heureux que vous n’ayez pas fait irruption quelques minutes plus tôt. Sans quoi vous m’auriez trouvé dans une bien fâcheuse posture. Oui, je dois vous faire un aveu... Vous êtes mon ami et, même si j’ai oublié beaucoup de choses au sujet de ce mot, je crois me rappeler que l’amitié est le terrain le plus fertile que les confidences puissent trouver.
Alors voilà : je suis parfois sujet à la mélancolie. Et il y a quelques minutes encore, la tristesse s’est abattue une fois de plus sur mes épaules. Dans ces moments-là, il n’y a pas grand-chose à faire, vous savez. Chacun a sa parade, son petit truc. Moi, je m’allonge dans l’herbe, sur le flanc, je me recroqueville, je ramène mes genoux jusqu’au menton. Et j’attends.

© Nicolas Liau | Laissez un commentaire.

Liens partenaires & sponsors : Littérature érotique | BD érotique | Littérature | Accrobranche | Référencement site internet