"01- L'autopsie" par rest in piss (texte en ligne)

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Ou Prémices du dernier jour d’un condamné
(premisces of the least day of the condemn man)



Funeste puzzle

Je me trouvais devant ce qui devait être un homme, il y a encore une heure. Maintenant, je pense que l’on pourrait appeler cela un puzzle. L’homme devait être grand, 1m95, peut être 2m00. Ce qui est sûr, c’est qu’il était brun, les yeux marron, il avait la peau très blanche, trop blanche. Je devais faire cette autopsie devant trois stagiaires, une jeune femme, un homme d’age moyen et une femme d’un age relativement avancé. L’homme me paraissait plutôt calme, et cela m’étonna un peu. Les deux femmes, elles, étaient horrifiées. La plus âgée d’entre elles partit en courant vers les toilettes. D’après ce qu’on m’a dit, elle fini ses jours dans un asile de l’Alabama. La jeune fille se sentit désemparée et fit un malaise, puis fut transportée a l’hôpital central. L’homme me regarda attentivement. Je lui expliquai que le corps présentait de nombreux hématomes, signe qu’il avait dû se faire méchamment démolir avant d’être tué d’un coup de couteau dans le dos. Il ne sembla pas réagir, son visage resta figé. Il était toujours assis dans sa chaise, les yeux écarquillés. J’ai déjà eu des réactions bizarres, mais des comme celle là, jamais. Je m’approchai de lui, mais cela ne le fit pas réagir le moins du monde. Il avait toujours les yeux ouverts, trop ouverts, comme s’il avait vu la mort en face. Je continuai mon approche. A chaque pas que je faisais, mon inquiétude grandissait. Je le regardai, puis me mit à sa hauteur, observant les deux billes mortes qui lui avaient servi d’œil il n’y a pas si longtemps. Il avait fait quelque chose qu’il n’aurait jamais dû faire (et qu’il n’aura jamais l’occasion de refaire). Je pris sa main, et voulut prendre son pouls, en vain. Il était mort, devant moi, sans même m’en apercevoir. J’étais horrifié. J’ai beau travailler dans une morgue, j’avais devant moi la chose la plus terrifiante qu’il m’eut été donné de voir. J’appelai d’urgence l’hôpital, bien que j’avais la certitude qu’il était mort. Je m’en voulus toujours d’avoir fait cela. Quand j’y repense, j’aurai dû m’occuper de lui, voir les causes de sa mort. On me communiqua qu’il avait fait une overdose des plus violentes. Il avait été un drogué de longue date, et adorait " voyager avec la poudreuse étoilée ". il était propriétaire d’un immeuble dans un ghetto et faisait blanchir de l’argent pour payer sa came. Il était connu des services de police, et cet enfoiré m’attira un tas d’histoire avec ces derniers qui, non content d’avoir trouver un gros trafiquant, voulaient a tout prix me trouver un lien avec cet aspirateur à poussière. Ils finirent par en avoir assez de me harceler et partirent, me laissant un petit dédommagement pour le choc psychologique. C’est que ces gens la se méfient des bavards ayant la langue bien pendue. Je pus lire dans leurs yeux que ce petit incident n’était que le cadet de leurs soucis. Mais je ne m’en suis pas intéressé outre mesure.

Après leur départ, je me remis au travail. Je regardai le corps inerte, plus précisément les morceaux de corps inertes. J’eus l’impression de me trouver devant le squelette du premier être humain, avec la chair et les organes en plus. J’étais trop écœuré pour m’occuper de lui. Je me dirigeai vers les casiers, où sont entreposés les dizaines de corps sans vie, plus ou moins mutilés en fonction de la cause de la mort. J’ai à traiter à peu près tout les cas de mort dans cette ville : accidents de voitures, meurtres, brûlures, étouffement, etc. j’ai traité des cas plus intéressants que cela. Un exemple : une femme, le soir, va se coucher. Son mari, un pervers soi disant équilibré, demande à sa femme de s’occuper de lui. Mais la femme en a marre. Elle vient de se faire virer de son poste de secrétaire depuis un mois, son connard de mari l’oblige à faire le trottoir afin d’arrondir des fins de mois de plus en plus difficiles, elle veut en finir avec tout ça, mais elle ne peut rien faire car son mari la frappe régulièrement. Elle décide que sa vengeance aura lieu ce soir-là. Elle entre dans le jeu de son mari, et " s’occupe de lui ". mais les choses tournent mal pour le pauvre insouciant. Elle s’empare d’un vibromasseur de taille moyenne (environs 25 cm), l’enfonce le plus profondément possible dans son anus, puis met les vibrations au maximum. Le conjoint mourut demi-heure plus tard d’une lésion de la colonne vertébrale . Ce sont ce genre d’événements qui font que ce boulot n’est pas si ennuyeux. Je suis le dieu qui éclaire les victimes, leurs offrants le repos en leur disant les raisons de leurs décès. Mais maintenant revenons à nos moutons. Je pris la clé du coffre où se trouvait les affaires du matricule 2658 .(pour des raisons d’ordre, nous nous devons de donner un numéro aux morts, les noms étant plus long à répertorier. C’est en cela que réside tout le génie humain, on classe et on banalise. Tout ceci est affligeant, mais cela devient monnaie courante au fil du temps.) ,en occurrence le puzzle humain. Vous devez vous demander pourquoi puzzle humain. Tout simplement parce que le 2658 a été découpé en morceaux puis poignardé a nombreuses reprises, à moins que ce ne soit l’inverse, ce qui me semble plus logique. Mais vous le saviez déjà, donc je ne passerai pas trois pages la dessus. Je m’installa a mon bureau, posa les affaires puis alluma une cigarette. Je regardai les objets attentivement. Il y avait un porte feuille, une clé, un papier, des PHILLIP MORRIS, un téléphone portable, un stylo et une boîte de taille moyenne. Je lus attentivement l’analyse des objets et leurs caractéristiques. Cela m’impressionne toujours de voit comment on peut tout classer, chaque détail, chaque petit défaut. C’est un des seuls cotés de l’être humain que je respecte le plus : le souci du détail. Même mort, on s’occupe de toi plus que quand tu étais vivant. Je regardai les cigarettes. Cela fait un mois que j’ai arrêté de fumer, enfin que je fais croire a Cynthia que j’ai arrêté. Cynthia est ma mie, mon âme, ma conscience, en un mot mon centre de gravité amoureux. Elle est de ces femmes discrètes, un peu rebelle, un peu sage, un peu tout et rien en fait. C’est peut etre ici que réside mon principal lien avec l’espece humaine. Je fais comme tout le monde, je prend une femme banale pour ne pas avoir de remords quand je lui ment. Mais je m’égare.

Je pris une cigarette, ouvrit un tiroir, en sortis un briquet Zippo, alluma la cigarette, prit une grosse bouffée de tabac, la souffla doucement, observant les volutes de fumée prendre des formes arrondies, extraordinairement captivants. Bosser dans une morgue rend a peu près tout beau, agréable, même ce qui ne l’est pas. Je me relaxai longuement dans mon fauteuil de luxe a 3000 euros (un luxe d’une utilité inexistante), en pensant au temps que j’allais devoir consacrer a ce nouveau crime, mais surtout je pensais a ce drogué qui avait fait une overdose devant moi. Je n’arrivais pas a m’enlever de la tête ce "suicide".
Je finis ma cigarette, puis j’appelai mc Bryde, mon collègue. Répondeur. Cela ne m’ettonait pas le moins du monde. A cette heure ci, il devait surement tromper sa femme dans une de ces receptions d’hommes riches ou les pin-up sont offertes comme des amuse-gueules dans un banquet. Je pourrais en profiter, mais le minimum d’honneur que je possede fait que ces lieux de la décadence sont une honte pour le genre humain. Je laissai donc un message, prit mon blouson et alla dans le parking, afin de rentrer chez moi apres une dure journée de travail.

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